jeudi 17 juin 2010

Africa Unplugged, positivons le volontariat dans les pays en développement.



Nkata Bay, Malawi. Je n’ai pas concrétisé le volontariat en Tanzanie, ca ne veut pas dire que j’ai abandonné.

Le lonely, reconnaissons ses points positifs, mentionne quelques assos pour faire du volontariat, j’y ai trouvé Africa Unplugged, gérée par M. Happy assisté de Tryness.

Tres éloigné de ce que j’évoquais précédemment : le « siège » est au UK, mais Nkata Bay est totalement indépendant. Seule chose possible depuis Londres : mise en relation entre volontaires et le Malawi. La aussi le volontaire assume tous ses frais, mais ne versera rien de plus. Aucun des membres de Nkata Bay n’a de voitures, il y a un téléphone portable, et l’ordinateur est en panne depuis 6mois, pour une réparation de 4000 kwatchas, l’équivalent d’a peine 35eur…
Ils sont avides de tous les bras disponibles, peu leur importe la qualification ou l’expérience.

En travaillant via cette organisation et d’autres du pays, les volontaires bénéficient d’une réduction dans certaines guest house, et j’ai du payer une cotisation de 10 EUR, a chaque distribution de nourriture chaque volontaire avait droit a sa part. Et par ce que certains enfants ne viennent que les jours de distribution de nourriture, tu laisses ta part pour qu’ils aient du rab.

Ils mènent des projets autour du soutient scolaire, du sport, des femmes seules, des enfants aveugles, des tout petits, des groupements de paysans… on propose aux volontaires d’abord du soutien aux profs et éducateurs + toute initiative est bienvenue.

Pour moi c’est maternelle le matin avec Lucie, une autre volontaire, et soutien scolaire des 9/13 ans l’après-midi. En Chichewa. Une des langues du Malawi, dont je maitrise bonjour, merci et au revoir.

La maternelle
L’institutrice gère seule entre 30 et 50 enfants de 2 a 6 ans, ca dépend des jours. De 7h00 à 14h00, ca c’est tous les jours. Respect.
Ni livres, ni jouets, ni accessoires dans la salle polyvalente du bar ou elle fait classe, les enfants sont assis devant un tableau de 1x1.5m, sur une natte de 7m2. Au programme math, anglais, lecture, sur fond de God blessant chaque bonne réponse. Elle prépare aussi le the sur son petit réchaud, gère les accidents de propreté, tout ca avec le sourire. Le ton est régulier, le respect densifie l’atmosphère.
A chaque question les ¾ sautillent et levent la main frénétiquement en criant moi « madame moi madame », ils sont contents d’être ici et ont envie d’apprendre je crois.

De mon coté, communiquer par signes ca complique pas mal le schmilblick. Heureusement reste la récré : la prof se pose un peu et avec Lucie, on chante, danse, mime les animaux, air guitare, fanfare humaine, tout y passe. J’ai du leur faire une bonne 10ne de versions de la danse des canards. Sont trop choux à suivre et faire tout pareil. Tellement pareil que je ne peux pas m’arrêter. Si je m’assieds ils sont sur moi, et imitent depuis me gratter le nez à enlever un caillou de mes baskets.

C’est pas très compliqué, ca les fait rire et tout le monde est content. Je fais mine de rien quand la prof part sans prévenir, et saute intérieurement de joie quand elle revient au bout de 10 minutes…

Concrètement, je ne leur ai rien appris qui puisse changer leur aujourd’hui ou demain. Il s’agissait juste de leur apporter une attention différente en les amusant, et de soulager la prof. Les sourires reçus en échange me font dire que l’objectif était atteint.



 
Le soutient scolaire :
Les enfants viennent s’ils veulent, rien n’est obligatoire. Les 5 ados (que des filles) de mon groupe sont assis sur le même préau que les 20 6/8 ans.
Thomas, étudiant de 19 ans, mène les cours. Il speed après ses propres cours, est hyper motivé, mais pas flic, la discipline c’est pas son truc. Alors les filles vont et viennent, et lui fait ce qu’il peut face a un groupe qui n’en est pas toujours un, avec des niveaux aussi hétérogènes que possible. Une des filles a 10 ans et lis parfaitement l’anglais, une autre de 13, Sylvia, déchiffre a peine l’alphabet…

Quand je propose de la faire lire l’après-midi après la classe, elle dit oui tout de suite, et les autres avec ! Elle rame sévèrement la pauvre, à tel point qu’elle ne mémorise pas un même mot 10 présent 5 fois sur une page qui en a 60. Peu importe, on continue, et sa copine l’aide en lui soufflant. Mais quand d’ici quelques mois elle aura arrêté l’école, et sera enceinte, comme la plupart des filles en âge de procréer a la campagne, que fera-t-elle ? Sans savoir lire ni compter ? Il n’y aura pas de suivi, je la sais.

Il n'y a que deux membres permanents, et ils n’ont pas le temps pour ca. Dommage, faisant partie des plus motivés, ce sont les filles qui ont le moins accès à l’éducation. Prêtes à apprendre tout et n’importe quoi, pourvu que cela puisse les tirer vers le haut. Et elles en auront besoin, au Malawi 65% de la population vit avec moins de 1USD/jour. Sachant que la pauvreté touche plus les femmes que les hommes.



 
Si ce type d’organisation locale me semble plus clean et digne de confiance, elle comporte aussi ses failles. Le niveau d’anglais, et d’éducation parfois, des membres est bas. Malgré toute sa bonne volonté l’institutrice de maternelle ne pouvait pas traduire pour moi « je voudrais qu’ils restent derrière la ligne ». Et quand je tente d’expliquer a une autre qu’un des enfants est extrêmement dyslexique (il recopie tout parfaitement mais de droite a gauche et retourne certaines lettres) elle me répond que oui certains sont bons d’autres mauvais.
En même temps, que celui qui a vu un orthophoniste dans le coin lève la main. Voir comme ils veulent mais ne peuvent pas, à peine imaginer ce qu’ils devront lutter pour survivre demain ca vous piétine le cœur. Qu’ils regonflent a l’africaine : avec un sourire a toutes épreuves !


 
J’en ressors encore un peu plus réaliste quand au bénévolat auprès des personnes. Il faut des mois et des mois pour leur apprendre. Le court terme est frustrant, inutile je ne sais pas, mais j’ai termine avec un violent sentiment d’impuissance, de n’avoir même pas mis une goute dans l’océan.

Mais la n’est pas le point positif du sujet. Si au milieu de l’industrie qu’est partiellement devenu le volontariat, il y a cette honnête organisation, il doit y en avoir plein d’autres. Et, cela n’engage que moi, mais je crois que c’est comme pour les hôtels. Caché derrière le 3 étoiles, des fois se trouve un 2 etoiles, encore mieux que le 3…

dimanche 13 juin 2010

Nkata Bay, Malawi,

Village touristique sans l’être, Nkata Bay borde la baie principale (sorry c redondant) qui abrite le port, la vie du lieu en général, puis la cote se dentelle en succession d’autres baies plus petites et translucides. Deux rues principales, les marches, un stade de foot, quelques resto, bars, supermarchés... tout est la concentré, qui semble enchevêtré mais ne l’est pas. Les gens sont souriants, paisibles et toujours aussi gentils.

L’idée est de partir avec Raja et Nicolas longer les bords du lac en canoë pendant 2/3 jours, camper sur les plages désertes, diner de bbq, regarder les étoiles… un guide du coin avec nous essayons d’organiser le tour nous dit qu’une américaine sera surement du voyage. Américaine qui se révèle être une canadienne rencontrée un mois plus tôt en Tanzanie. Même si les routes que l’on empreinte en voyageant sont souvent les même, ca reste surprenant de retrouver des têtes connues d’un pays a l’autre.



Par un truchement qui reste un peu obscur à mes yeux les canoës se sont transformés en bateau à moteur. Mais on est dedans c’est ce qui ce compte, fendant les eaux vers le sud.

Nourrir les aigles pêcheurs, c’est facile, tu siffles, lances le poisson, et regardes le roi du ciel voler et saisir sa proie en quelques secondes.

Sauter depuis les rochers, 4 mètres environ ; j’ai l’estomac retourné au premier saut, mais cette petite dose d’adrénaline est bienvenue après des mois à jouer baleine sur canapé !! J’y retourne, me tâte 5 bonnes minutes sur plonger ou pas. La décence m’obligera à sauter pour ne pas laisser mon maillot à la surface…

Construire un backgammon en coquillages, pierres et bouts de bois, les doigts dans le nez. Expliquer les règles aux enfants qui ne parlent pas anglais, mfm po facile. Jouer a leur faire peur en faisant les gros yeux, ultra easy. Ils sont marrants.

Faire du canoë traditionnel du coin : tout un sport ma foi. Les pêcheurs glissent sur l’eau a l’aise, limite se roulant une cigarette… Oui mais voila : rien que monter dedans demande des études, ne pas se retourner, le faire avancer, en choisissant la direction, en descendre, ca fait autant d’autres niveaux requis. C’est po facile dites donc!!


Attention, la je m’adresse aux générations Drôles de Dames et séries des 80’s : vous vous rappelez les motards qui sauvaient le monde de la circulation? Eh ben on a rencontré un vrai policier qui s’appelle vraiment Cheeps ! Il vit tout seul avec son chien, dans une cabane toute décatie, perchée en haut d’un chemin. Son visage est parcheminé de soleil, et son sourire allume des lumières dans ses yeux. A peine présentés il nous offre ses plus beaux tabourets, pots de peinture retournés, nous invite à prendre le the au lait, des cacahouètes. Nous raconte un peu sa vie, pas très clair d’ailleurs mais bon, heureux je suppose de voir des gens d’ailleurs, qui écoutent ses histoires, passent un peu de temps avec lui. Très probablement dans l’espoir de recevoir quelque chose en échange, mais sans le faire sentir. Il nous sort ses vieux livres, comme un grand-père qui raconterait les mêmes nostalgies a chaque visite.
Il descend sur la plage un bon moment après nous, pour nous donner son adresse. Et attendre tranquillement a quelques mètres qu’on lui propose de diner avec nous. Rusé renard!



Petite mésaventure : le soir on a laisse les paréos, serviettes, maillots à sécher sur le balcon du bungalow. Le lendemain tout a disparu, ainsi qu’une bonne partie du linge que les gens avaient laissé pour lessive.

On papote avec les responsable voire ce qu’il propose histoire de récupérer la chose. Et après nego il propose de nous offrir l’addition totale du premier jour + second matin + une nuit gratuite. Entre nous soit dit ca ne s’élève a rien par rapport a ce qu’on a perdu dans l’histoire. Raja et Nicolas se sont fait voler quasi tout leur sac pour commencer. Ok pour sa propale, ce n’est pas le boss et bon ca ira. Sauf que quand la boss revient de vacances 3 jours plus tard elle ne s’excuse même pas, et a le culot de dire que c’est n’importe quoi d’avoir fait ca. Un personnage a elle toute seule ma foi.

Depuis qu’elle est rentrée de vacances avec sa famille, on a plus l’impression d’être chez les gens et de déranger qu’a l’hôtel. Moyen bof je dis.



Ah oui, ici, le Beach boy est très facile à repérer, a cause de son nom. Entre Boops, Gin Fizz et autre Sex on the Beach ils ont du faire tourner la carte des cocktails un dimanche soir de bourre-attitude, je vois que ca.



Si le village grouille de partout du matin au soir, a partir de 20h00 les rues deviennent le territoire des mecs bourrés, pas méchants en soi ca va.



De toute façon en cas de débordement la prison est juste au coin de la rue ! Devant le terrain de foot, la prison siège. Les prisonniers sont dans la rue durant la journée -repérables facilement car ils ont un uniforme blanc- sans menottes ou autre, accompagnés d’un garde armé, et encore ca a l’air d’être plutôt pénard comme détention !

Les jours de match de foot ils s’agglutinent autour du terrain avec tout le monde. La foule est plus intéressante que les matchs d’ailleurs : cris, hurlements, liesse ! Ils vivent les équipes locales à 200% les p’tits gars. Et a chaque but c’est invasion totale du terrain, festival en direct. Jusqu'à ce qu’un type les renvoi hors lignes armé de son bâton et coiffé d’un grand chapeau bariolé !

Fait étrange, tout le continent semble vibrer Coupe du Monde d'un seul homme, et pourtant ils programment les matches locaux aux mêmes heures que ceux de la Coupe. Qui se regardent dans les petits boui-bouis locaux avec les gens du coin ! Beaucoup plus drôle et anime qu’a la guest ou les gens font leur journée en fonction des matchs et sont aussi enthousiastes qu’un parc a moules a marée basse pendant le jeu…Vas comprendre Charles.




Perso en termes de recommandations, je dirais pas le Butterfly bazar (me souviens plus du nom exact), on y a passé deux nuits, et la minette te fais sentir que le back-packeur c’est juste pour arrondir les fin de mois, sinon elle s’en passerait bien… et le Big Blue, excellent sous la tutelle de Jack, après lui je ne sais ce qui se passera, il doit déjà en être parti d’ailleurs.

lundi 7 juin 2010

De Chitimba a Nkata Bay en passant par Livingstonia.

Deux jours à lézarder à Chitimba sur les bords du lac c’était le mini-maximum syndical pour se remettre du trajet depuis Dar, surtout que les Pieds ne passent pas par la: que du bonheur!! Un peu de lessive, un peu de plage, pic-nic façon romanos sur la plage. A posteriori ca ne devait pas être très beau a voir tout ca : on mange sur nos genoux, avec les doigts, tous les jours, sans même laver les légumes, notre unique couteau, un canif, n’a pas vu d’eau depuiiiis.. je préfère ne pas y penser.

Un couple de back-packeurs serbes, la 50taine, nous raconte leur voyage depuis l’Egypte, sont beaucoup plus aventureux dites donc, je me sens bien chochotte d’un coup!!

Sur la plage pas moyen de s’allonger sur son paréo avant d’être entourée de gosses qui me demandent de l’argent, mon livre, des crayons, mes lunettes… et d’ado qui veulent te vendre tout et rien.

Prochaine étape Livingstonia, village perché sur la colline, a l’entrée du Plateau Nkya, il parait que l’atmosphère y est envoutante. Moins charmants les 10 kilomètres de semi-escalade, plein soleil, 38 degrés, sacs a dos. On stoppe un pick-up sans même demander un prix : s’en fou même 1000 kwatcha on te les file, c’est trop dur !

La première guest qui passe on la prend, en peu pluchh.



Accrochée au flan de la colline, la Mushroom Farm est construite entre les arbres, des petits hamacs ca et la, le bar surplombe la baie, économie oblige, on partage une tente. Qui donne sur la baie  Et toujours economie oblige, le régime sandwich avocat-tomates est le même. Jusqu'à ce que je cède en voyant et humant les diners que le proprio cuisine ; le lendemain les économies on s’en fout, a table !


Petit tour aux chutes d’eau, longue promenade a travers champs jusqu’au village même de Livingstonia, pour découvrir que c’est parfaitement comme n’importe quel autre village. Et comme « font font font les petites marionnettes » trois petits tours et puis on s’en va, retour a la guest pour une écrasante victoire de la française sur le français au Puissance 4.Ou pour aller se percher au sommet de la colline, dominer le lac l’espace d’un instant de mégalomanie, et embrasser une vue de rêve. Une de plus a mon palmarès de l’année, qui n’empêche je me sente toute petite ici aussi. Et que je passe une moitie du chemin à flipper a cause des serpents et des scorpions (c’est dingue comme des fois l’innocence de l’ignorance maintient la paix de l’esprit : apprendre a posteriori que le chemin de la guest au village de Livingstonia était tout aussi pourri de bestioles ne m’a rien fait) et l’autre à me gratter et extirper de mon bermuda des espèces d’épines qui se fourrent absolument partout !! Ai fini bermuda aux chevilles pour n’en avoir que la moitié… ahh ca graeetteuh.

Aller hop il est temps d’aller voir a Nkata Bay comment c’est ! Je continue à voyager avec Nicolas.

En chemin etape obligatoire a Mzuzu, ou on choisi une sorte de YMCA, mais dans l’enceinte d’une église. Pas d’eau ni d’électricité, mais ca devrait revenir ce soir il parait, en attendant le chargé des lieux nous donne des torches. On est dans une église, il y a un couvre-feu : 19h30. Panique a bord, ce soir il y a match (oui la je suis dans la période c’est cool la coupe du monde), et de toutes façons ni le concept de couvre-feu ni celui de 19h30 ne m’arrivent complètement au cerveau. Plan A, discuter avec le gardien pour qu’il nous laisse rentrer plus tard. Plan B, le mur n’est pas si haut, il se saute en 2 secondes 12 ! Juste avant de ressortir, un long couinement de porte suivi d’un bruit de trousseau de clefs réveille tout le bâtiment. Gloups, ca fait un peu film de fantôme tout ca dans le noir, brrr.
En ville on retrouve Raja, voyageur suédois connu dans le train, puis recroisé a Chitimba et Livingstonia. Vous vous rappeler du « Radio-bière-foot » des Robins des Bois ? On y est presque, cette fois-ci au Golf club de Mzuzu. Pour ceux qui connaissent le mouvement des Sapeurs, l’endroit en est plein et c’est excellent à voir. Tels des dandys parisiens mais version Sapeurs tanzaniens, j’adore leur allure un peu fière cabotine de bons garçons !

Le plan A suffira à nous faire rentrer à l’hôtel, par contre Raja et Nicolas ont démarrée sur ce bruit de porte à l’hôtel pour passer le diner à raconter des histoires qui font peur. Et moi j’excelle pour me faire des films à la con, du coup quand je m brosse les dents je n’ose pas regarder la fenêtre de peur qu’une tête apparaisse dans la nuit. Je sais, les monstres et autres esprits n’existent pas, mais quand même des fois je n’y peux rien je suis morte de trouille, alors je me cache sous les draps anti-balles !!

Let’s go disco, Nkata Bay nous voila enfin, les poches pleines de cash et le sac plein de courses, il parait qu’il n’y a pas de distributeurs et que a part tomates et oranges vertes on ne trouve rien là-bas.

Ps : eau et électricité ne sont jamais revenues.