samedi 14 août 2010

Sémantique chromatique

Farang en Thaïlande, Gabacha en Espagne, dans plusieurs pays d’Afrique Australe (hors Namibie et Afrique du Sud), je suis une mzungu. Une blanche. A l’origine le mot désignait la couleur de l’âme sortant du corps au moment de la mort. Bucolique connexion s'il en est.

Effet cause a conséquence d’un tourisme encore jeune, les enfants s’étonnent parfois de voir des blancs. Et dans la rue ils te suivent en criant « mzungu, mzungu, mzungu !!! » jusqu'à ce que tu les salues; et si des adultes le font c’est pour le coté pratique la plupart du temps.

A première vue c’est drôle, surtout quand les gosses mettent leurs mains en rond autour des yeux et me regardent hehe. Mais en y pensant un poil plus, ils ont tout compris.
Le mot n’inclue pas de connotation raciale, c’est juste une couleur. On est blancs, ils sont noirs, café au lait…
Savoir le scandale si dans nos contrées « développées » un gosse invectivait un asiatique en lui hurlant « hey le jaune hey le jaune » sur 200 mètres les laisse plus que perplexes. Pourquoi ne pas appeler un chat un chat ? Si c’est le mot pour le designer, hein ?!

Les Dieux sont vraiment tombés sur la tête !!

Ceci dit, careful, le ton peut changer la donne. Seule au milieu de 27 collégiens dans un minibus d’Arusha j’ai du faire comme si de rien n’était pendant les 10 minutes ou j’entendais « mzungu » par ci « mzungu » par la, les gens me regardaient en ricanant. Certains me touchaient les cheveux, les bras… jusqu'à ce qu’un d’entre d’eux leur dise de se calmer et s’excuse. Pas que confort comme expérience.

jeudi 12 août 2010

Pour celles (et ceux) qui ne me connaissent pas

Pour que vous saisissiez le point de départ 0 absolu de ce voyage, et la consistance de apprentissage qui en découle. Et je me suppose suffisamment éloignée du cas complètement isolé pour vous papoter de ce que j’aurais aimé savoir avant de monter dans l’avion.


Trentenaire, dans la tranche basse, j’ai bougé un peu hors Europe ces dernières années, moins d’un mois toujours. Pendant mon premier passage en Asie, je me suis fait piquer par l’idée fixe de partir longtemps toute seule. Quand était l'inconnue. Jusqu'à ce que les événements me poussent: se promener d’Inde en Afrique du Sud en passant par Salvador de Bahia semble une excellente occupation en ces temps de crise.

Affublée d’une légère tendance dernière minute.com  j’ai acheté mon billet 3 semaines avant de partir, fini mes vaccins 3 jours avant, fait mon sac et acheté un guide la veille au soir.

Un seul achat équipement : une serviette micro-fibres-super-essuyante-pas-encombrante, pour le reste j’ai pris ce que j’avais.
Pour l'itinéraire je me suis inspirée de fantaisies personnelles sur tel ou tel pays. De préparation, lectures, renseignements, climats: 0. Juste des noms qui me faisaient rêver. Sauf pour la sécurité => j’ai quand même regardé si traverser du Benin en Tanzanie seule par voie terrestre était une bonne idée.
 
En résumé, je me suis embarquée pour 9 mois seule comme on part acheter le pain juste à la fermeture de la boulangerie : en courant, tee-shirt a l’envers, lacets volants, 1000 centimes creusant des tunnels dans les poches.
Ah oui, et je déteste le camping dans toutes ses dimensions, je déteste ca mais alors en grand !! Enfin je détestais.
Et pour completer un peu le profil, je suis du genre a descendre faire mon footing une clope a la main, et quand je dis que je fais un regime, je me rue sur le chocolat. Juste au cas ou je ferais vraiment un regime...

Du volontariat dans les pays en développement, ou les Organisations Non-pas-que Généreuses

Ps : je suis ouverte et preneuse de toute discussion ou experiences sur le sujet

Une chose que je voulais vraiment faire pendant ce voyage c’était du volontariat. Pas seulement me promener & profiter de la vie, je voulais aussi mettre a profit un peu de ce luxueux temps pour me rendre utile. Et mon expérience de bénévolat à Madrid était tellement bien que pourquoi ne pas la réitérer sous d’autres cieux ?
Dans un post précédent je disais en passant que je vois aujourd’hui le volontariat d’un autre œil. Pour être plus claire, il était comme suit :
Avoir l’impression de pouvoir contribuer, même un tout petit peu, à l’amélioration, à une solution… Sentir que je fais avancer un peu les choses, mon domaine d’action étant plutôt les enfants.

Je me disais qu’avec un peu de temps, de la bonne volonté quelques contacts cela devrait marcher. Que malgré le business de façade que l’on trouve sur internet sur le tourisme de volontariat le monde ne pouvait pas se baser que sur les pépettes.

Erreur partielle, la mode « gauche caviar et platine » me semble assez répandue dans le milieu.

Le volontariat touristique
La toile déborde d’organisations plus ou moins humanitaires proposant des séjours « bénévolat clefs en main » pour les bonnes âmes prêts a prendre sur leurs vacances pour donner compétences, patience… en échange de la modique somme de 1300 USD/ semaine. Sans billet d’avion, visa, ni assurance, vaccins, le montant sert à payer les frais d’hébergement, bouche, + eau & électricité s’il y en a. Mettons une cotisation pour l’organisation et des frais de dossier ou rémunération pour le staff.
Et ce n’est qu’une moyenne, par ce que si tu veux aller soigner les lions, ca coute plutot dans les 2600USD/ semaine, les lions c’est très demandé.

Quand on sait qu’une nuit en dortoir coute, en Afrique australe, en moyenne 14USD pour le touriste qui touriste, on pourrait penser qu’étant bénévole cela couterait moins cher. Les frais de bouche? A votre avis quelqu’un qui part faire du volontariat a l’autre bout du monde s’attend a des tartines de Nutella, du vin, une bannette et du Boursin tous les jours ? Crois po moi.
En termes de salaire pour le staff ; si le smic, quand il existe, équivalait aux nôtres cela se saurait. Quand aux frais de dossier ca ne devrait pas défriser grand poil sur le dos d’un caniche…

Question donc : ou va tout cet argent ??

La plupart du temps, les organisations du web ne sont en fait qu’un intermédiaire entre vous et l’ONG sur place. Intermédiaires à vocation financière bien marquée.

Expérience d’un hawaïen qui a participé à ce genre de programme cette année :
Je profite de son expérience pour en savoir un peu plus, le sujet me titille depuis un bout de temps.
2300 USD pour 15 jours en Afrique du Sud, sur un projet de conservation via la photographie (il faut amener son propre matériel off course), le sujet de conservation reste un peu obscur j’avoue mais bon rien qui implique d’importants frais de permis, autorisations...

Les seuls contacts qu’il ait eu avec les communautés- entendre par la les populations dans le besoin, le cœur du sujet quoi, fut 1 fois/ semaine dans une école.
Il était hébergé dans une énorme maison, avec cuisiniers, femmes de ménages, jardiniers… tout compris une dizaine de personnes, les responsables avaient tous de très bonnes voitures et plutôt bien fringués… Il n’a eu aucun retour sur l’affectation des frais qu’il a payé.

Son sentiment sur l’expérience c’est d’une part qu’il attendait quelque chose de plus constructif, ensuite la présentation faite via le site internet ne reflétait pas vraiment le pays, et que travailler avec les enfants sur le court terme comporte des limites à débattre. Ils s’attachent rapidement, très rapidement, et les séparations sont proportionnellement douloureuses pour eux.

En faisant la somme de tout ca, ses idéaux d’éthique et d’utilité sociale s’abimaient dans l’écran de fumée des Organisations Non pas que Généreuses.
Ok, sur 15 jours on ne peut pas prétendre sauver le monde, en plusieurs vies non plus d’ailleurs, mais on peut toujours se rendre utile sans faire « de mal ».


Une danoise qui s’engage pour 6 mois dans un orphelinat d’Arusha (Tanzanie).
Dans son cas elle n’a à payer a l’intermédiaire qu’une cotisation annuelle raisonnable, puis 200 USD/ semaine une fois sur place. Billet d’avion, visa, assurance… restant a sa charge. Elle aussi est hébergée dans une énorme maison, propriété de l’orphelinat sur place, et les repas sont locaux, prix moyen 3 USD/ repas en comptant large. La aussi il y a beaucoup de personnel a payer, mais là-bas les salaires sont encore moins élevés qu’en Afrique du Sud. Alors bien que sur un montant moins conséquent, il en reste que 200 USD/ semaine ca reste un peu cher.

Son expérience au jour le jour ? Assise sur une chaise a « surveiller » les enfants, toute tentative d’organiser une activité pour eux se conclue par un refus de l’organisation qui argue que cela impliquerait une logistique beaucoup trop lourde. Tout ce qu’on attendait d’elle c’était de la surveillance. Dommage de ne pas profiter de la disponibilité de 6 mois pour mener a bien un projet…


Mon expérience a Arusha :
Décrite dans le post suivant http://en-mi-mochilla.space-blogs.com/blog-categorie/30425/tanzanie.html. Je petit résume pour ceux qui n’auraient pas lu et auraient la flemme d’aller voire le blog d’à cote :

En cherchant le moyen de me rendre dans une école pour y poser ma candidature je rencontre la responsable d’une ONG. Expatriée, ca vous étonne ? 90% des responsables (et « actionnaires » principaux) sont des expat. Au premier contact elle a l’air sérieuse et quand je lui dis que je cherche l’école pour faire du volontariat elle ne tente pas de me rabattre sur son organisation, c’est moi qui propose. Apres 2jours de lui courir après je rencontre le responsable des programmes, on doit se revoir le lendemain. Au bout d’une semaine de lui courir apres je ne l’ai toujours pas revu, aucun moyen de voir quelqu’un d’autre. Je décide de passer à autre chose.

Le mode de fonctionnement de celle la est le même que les autres, le volontaire assume ses frais de billet & visa, et paie X USD/ semaine, je n’ai pas eu l’information et n’arrive pas à la trouver sur leur site. J’ai appercu des responsables les gros 4x4, téléphones dernier cri, les vêtements pas mal…
Point positif les frais incluent une assurance et des cours de langue.


Témoignages du couple d'amoureux belges :
- la jolie responsable méchée d’un orphelinat d’Arusha envoie les enfants faire la manche dans la rue, en milieu de journée elle procède a la revue des troupes par la fenêtre de son gros 4x4
- dommages affectifs pouvant se transformer en troubles plus sérieux chez les enfants recevant et perdant alternativement l’affection et l’attention des volontaires
- les cours d’éducation physique peuvent être « biner entièrement le champ du Professeur »


Expérience d’une voyageuse française en Amérique centrale :
La responsable locale détourne les fonds sur son compte personnel, le siège est parfaitement au courant. Mais comme ils sont loin que faire ? Laisser faire, c’est plus facile…

Et j’en passe, malheureusement.

Les apparemment mieux lotis ont-ils des revenus annexes qui leur permettent d’avoir un meilleur niveau de vie ?
Leurs intentions n’en sont elles pas aussi bonnes ?
Leur travail en est-il moins bon ?
Tous ces points communs ne sont ils-que de malheureux hasards ?
Je n’ai pas de réponse, et ne prétends pas faire une étude sur le sujet, ni juger du bien ou du mal. Je tente juste de recouper des faits, des expériences dont j’ai connaissance et dire que cela m’inspire du noir, du blanc, et beaucoup de gris.

La faille première serait elle un manque d’informations, une flemme organisationnelle des bonnes volontés éthiques ? Le tout surexploité par de trop nombreux too-businessmen de l’humanitaire ?
La je réponds oui.

Sincèrement, ca vous inspire quoi le concept de payer des fortunes pour faire du bénévolat ?? Assumer ses propres frais pour ne pas en rajouter a des situations déjà précaires, je vote pour a 100%. Mis a part cela et les quelques frais justifiés évoqués plus haut, pour moi c’est l’hôpital qui se fout de la charité. Charité malheureusement aveuglée par les beaux discours du web.

Et la poisse, quitte à dire ce que j’en pense autant y aller franchement, faire du profit sur le dos des populations les plus fragiles me donne autant envie de vomir que le certain Jacques qui s’occupait de la Ligue contre le Cancer. Sauf que les unes des journaux ne parlent pas de ces cas la.

Pour finir, si vous voulez vraiment vous rendre utile pendant vos vacances, essayez aussi d’autres canaux que les moteurs de recherche classique. Les forums de voyageurs, le woofing (http://www.wwoof.org/) , Couch Surfing (http://www.couchsurfing.org) … sont de tres bonnes sources d’information.
Et par ce que j’ai croisé les bureaux de M. Happy d’Africa Unplugged au Malawi, le chemin est long avant réduire le monde du volontariat dans les pays développés a un vaste panier de Picsous.

mercredi 11 août 2010

Les Pieds Nickelés

Ou certaines rencontres qui font moins rêver que d’autres.

Y a quand même des gens qu’on dirait qu’ils font exprès d’être arrogants, étroits d’esprits et mono-neuronaux rien que pour prouver qu’ils masteurisent la connerie.

Un australien et un americain, vivant a Los Angeles, réalisateurs de téléréalité shows type « 5 strip-teaseuses dans le désert » et compagnie. L'australien se promène en Djellaba et chéchia en expliquant que c’est un défi pour son show de réussir à prendre le train gratos par ce qu’il est habillé en tunisien. En Tanzanie? Passons

Et pour vous donner une idée du niveau ils créent des scènes d’agressions, de vols et autres « actions » pour divertir le public par ce que sinon c’est chiant. Mais ca moi je peux pas comprendre, selon Australopithèque par ce que je ne vis pas a LA… Pendant ce temps la son compère américain se passe consciencieusement du fil dentaire dans la salle d’attente de la gare.

On l’a rencontré dans le train Dar / Mbeya, il y a un hongkongais, un allemand, cet australien, Nicolas et moi. Forcement on parle en anglais, avec des niveaux plus ou moins bons, hachant un poil le flux de la conversation. Ce qui mène notre James Cameron australien à s’énerver le plus sérieusement du monde sur « Mais pourquoi donc tout le monde ne parle anglais sur cette foutue planète ?? Ce serait tellement plus simple si on arrêtait de se compliquer la vie avec les quelques 6000 langues du monde hein ? C’est vraiment n’importe quoi !! »

Hum, euh, mouais, comment te dire, petit scarabée arrogant noyé dans la transpiration de ton nombril. On dirait que t’as oublie que le monde existait avant ton English favori !! Quand a lui faire comprendre que l’anglais n’est pas la langue la plus parlée alors la c’est pas possible, ce doit être une erreur. Et puis c’est débile de vouloir que tout le monde parle Chinois !!

Ahhhhggg et ca c’est la cerise, par ce que le type est un gâteau tout entier. Et la grande chance c’est quand tu t’aperçois que Ms. Meringue et Fil Dentaire vont dans la même ville de l’autre cote de la frontière exactement au même hôtel que toi.

Et se comportent comme des connards. Pendant que le gérant de l’hôtel nous escorte gentiment au resto Fil Dentaire le bassine en réclamant de la vraie nourriture, et pas leurs trucs bizarres et dégoutants que tout le monde mange en Afrique. Ils insultent presque la serveuse par ce qu’elle ne parle pas anglais, et FD se lève et part comme un gosse quand arrive son poulet qu’il croit frit alors que non. Australopithèque ne s’excuse même pas pour lui, l’assiette repart sans être payée.

Ps : dans le show il dit avoir réussi à ne pas payer le train, c’est complètement faux…
Ps 2 : Entendons nous bien je n’ai rien contre les australiens ou les américains, Buddha merci j’ai rencontré d’excellents avant et après
Ps3: Maintenant que j'y repense ils avaient vraiment des tronches a etre dans la bd!!

mardi 10 août 2010

Phase une

Comme ca s'appelle d'abord "trucs de filles" je vais commencer par les trucs de filles, on verra l'unisexe plus tard.


Donc le grand sac a dos:

- perso je trouve que la bonne taille c'est 60 litres. ca permet de garder un peu d'espace au départ pour remplir avec le shopping entre deux envois à la maison
- Rain cover intégrale
- une seule grande poche + compartiments intérieurs, avec ouverture totale pour exploitation maximale de l'espace et éviter la seule reconnaissance tactile du tee-shirt noir.
- avec ou sans roulettes : tout dépend de vos épaules, et du continent ciblé, certains ont le terrain fort accidenté, ca rend la roulette plus carrée que ronde, et avoir les mains libres aide énooormement.
- fermeture éclair, ca permet de le cadenasser en cas de doutes

De mon coté j'en suis à 11 mois avec un sac de 50 litres, rain cover partielle, ouverture par le dessus, fermeture avec les bouts et les petits bazars a ressorts au bout, poches latérales. Et ca a  fonctionne. Mais quitte a faire marrer autant être franche: j'en suis au point de mater et jalouser les sacs des autres, et a rêver au prochain sac que je m'achèterai (il faut savoir que mon passe de back packeuse est plutôt poids plume par rapport a mes connaissances en carte Printemps...)
Ok au final j'ai totalement fait dans l'unisexe mais bon, c'est pas grave.
 la bise