samedi 31 juillet 2010

Les histoires d’amours…


Au début de mon voyage, je me sentais plutôt Masha Meryl un soir de grande audience. Et puis les choses ont évolué, les gens, les mecs surtout, me racontaient moins leurs peines de cœur, on riait plus et parlait d’autres choses.


Et puis j’ai fait la connaissance de ce couple belge vivant en Afrique. Une histoire d’amour, cliché peut être, de celle qui vous rend heureux pour eux. Même si cela n’a absolument aucune incidence sur votre vie, si ce ne sont que des bribes de temps partagées autour d’une table, la contagieuse tendresse qu’ils dégagent vous offre le plaisir gratuit de les voir amoureux.

Ils se sont connus gosses, ont grandis ensemble dans un Congo chahuté, meilleurs amis toujours, partageant tout, surtout ses peines de cœur à elle, qui le blessent tout autant finalement. Il s’est rendu compte que ce n’est pas sa meilleure amie mais la femme de sa vie. Il serre les dents, supporte et console cœur brisé après cœur brisé. Tout plutôt que de lui tourner le dos et risquer de la perdre.


Jusqu’au plus beau jour de sa vie, a elle. Auquel il n’assiste pas, comme il ne donnera pas sa bénédiction sur le choix du futur mari lorsqu’elle lui posera la question. Ce jour la il coupera les ponts pour faire sa vie de l’autre coté de la rive.


Vingt ans passent sans qu’ils ne sachent rien de l’autre, les couples vivent, et puis meurent.
Par un beau matin de printemps ou un sombre après-midi de novembre, qu’importe, elle l’appelle. Pour lui dire qu’elle est seule et pense à lui. Lorsqu’a sa question « est-ce que tu es malheureuse ? » elle répond « oui » il raccroche satisfait.

Pour la rappeler, l’épouser, et la trainer dans les montagnes russes géantes d’une vie d’expatriés surpeuplée d’aventures qui en auraient fait divorcer plus de la moitié.


Mais non, en pleine guerre civile elle part le chercher, suivie d’officiers armés résignés à ne pas la laisser y aller seule, retourne leurs fusils contre les militaires, passe des nuits perdue au milieu de la jungle des territoires occupés attendant qu’il vienne la récupérer et milles autres histoires à dormir dehors.


Et même après tout ca il a encore la candeur de se cacher comme un gosse quand, a 40 ans bien passés, il fume son premier pétard et se retrouve malade comme un chien, affalé dans les toilettes, tête collée sur vieux tapis de bain. Non elle ne le verra pas comme ca !!


Ils n’eurent pas beaucoup d’enfants, passèrent par tous les échelons sociaux mais restèrent perches chaque jour sur le même nuage amoureux.
Et m’ont fait rire, mais rire, a raconter toutes leurs histoires les yeux brillants de fierté d’avoir partagé ces moments.


… ne finissent pas toujours mal.

En souhaitant à tous les amoureux de l’être du lever au coucher du monde.

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