lundi 10 mai 2010

En voiture Simone

On a safari.



Et avant de faire un safari Simone, il faut trouver les gens pour partager les frais, le conducteur, le cuisinier, la tente et la jeep à toit ouvrant de safari. Mais en Tanzanie il n’y a pas de magasin de « gens pour partager les frais, le conducteur, le cuisinier, la tente et la jeep a toit ouvrant de safari » alors le plus classique est de faire le tour des agences.






Shopping fait voilà l’équipe : Saliman-le guide, Tom-cuistot, Facundo – d’Argentine, Benito & Daniel pour l’Allemagne, le Danemark représenté par Kristie (??), et la France pour vous servir.


Le plan : Lac Manyara, Parc Naturel du Serengeti & Cratère du Ngoro Ngoro


Objectif dénicher les« les Big Five » (les cinq espèces les plus dangereuses en Afrique : lion, éléphant, buffle, rhinocéros et léopard) et tout ce qu’on peut.






Tutututu, tutu, le Lac Manyara, situe au beau milieu de la jungle de l’immense vallée du Rifle. Végétation basse, haute, hyper dense, les têtes tournent de gauche à droite pour repérer les gros chats et les serpents endormis dans les arbres.


Raté, on tombe pare-choc à queue avec un éléphant qui marche sur la piste devant nous. Il faut savoir qu’un éléphant seul se sent très facilement agressé, et charge d’autant plus facilement.


On le suit au ralenti, a quelques mètres. Il s’arrête, se retourne pour nous regarder droit dans les yeux, et repart. Nous aussi. 15 mètres plus loin, même chose sauf qu’il fait quelques pas vers nous avant de continuer sa route. 10 mètres plus tard, on reprend tout depuis le début + il avance très lentement jusqu’au pare-chocs pour rester planté là a nous regarder, battant l’air de ses grandes oreilles.


Pff, il est très gros et a l’air passablement énervé cet éléphant ! Et moi je sens l’espace sécuritaire de la jeep rapeticer a un pas grand-chose tout relatif !!


Facundo veut continuer à le suivre pour voire ce que ca fait, ouais ben non ! Je commence à flipper sérieux par ce que j’ai vu ce qu’un éléphant pygmée pouvait faire. Alors un grand d’Afrique, merci mais pas la. En attendant la bête ne bouge pas, et le guide ne sait pas quoi faire. Demi tour difficile mais jouable, ceci dit le bruit du moteur va énerver pépère…


Ca fait 5 minutes qu’on attend et il ne semble pas décidé à bouger. Arrive une seconde jeep, z’ont pas l’air plus fier que nous, mais leur chauffeur tente le passage en force en faisant hurler le moteur. Attente haletante de tout le monde, un peu tendus a ce stade de l’histoire ; Jumbo prend a travers jungle au bout de 30 secondes.


Hum hum, l’éléphant c’est fait, si on pouvait éviter d’énerver aussi les lions je préférerai.






Sur le chemin du retour la jeep est méchamment enlisée. Tout le monde dehors, a pousser, faire contrepoids, aider a la direction, chercher de l’herbe pour mettre sous les roues, courir pour éviter de se faire écraser par la jeep en perte de contrôle… Ca dure une bonne demi-heure, pendant laquelle tu te rappelles que normalement le guide répète sans arrêt de ne pas s’éloigner de la voiture par ce que c’est blindé de lions, de serpents, de guépards et autres merveilles du monde fort bien camouflées autour de nous dans les hautes herbes, et que tu ne peux pas courir. Hum, mouais. Jeep sortie de l’ornière, on ne fait pas 10 mètres que l’on croise un éléphant en pleine baignade...


Entrée en matière franche et sans fioriture.

Pour s’adoucir a la piscine des hippo : une lumière douce orangée de fin de journée tombe sur les pourtours du lac, de l’eau émergent les gros dos gris tous ronds des hippo. Et au fur et à mesure des yeux, des narines, des têtes, des dos sortent pour replonger aussitôt. Comme des dizaines de diables en boite qui bougeraient au ralenti. Quand ils communiquent entre eux, on dirait qu’ils rigolent. De fait je ne sais toujours pas si un hippopotame hippote, croasse ou aboie, pour moi il se marre.
 J’aime pas le camping, je suis nulle en camping ! On dirait une poule affublée d’une portée de têtards quand je fais du camping !!


Et j’ai pris option camping tous les jours du safari. Bah oui pour 100 USD de moins, je me suis dit que je ferai ma princesse plus tard. Et pour se mettre dans l’ambiance la première nuit, une fois installées toutes mes affaires dans la douche et moi sous le pommeau; devines quoi ?! Y a pas d’eau dans la douche !!!!!!!!!!!!!!! et vas-y, enroulée dans ma serviette aller hurler sur le pas de la porte qu’il n’y a pas d’eau, et que tout le monde se marre. Et que ca prend 5 minutes à régler pendant lesquelles je me fais dévorer par les moustiques en me gelant comme pas possible.

Mmf, 5 jours comme ca ?? On survivra, ou pas…


 Et plus même, ouah, après la jungle vertissime du Lac Manyara, la savane du Serengeti s’offre à nous. Des kilomètres et des kilomètres de plat ou le jaune de l’herbe rejoint le bleu du ciel dans l’horizon. Les arbres mouchètent le paysage de taches vertes ci et la. Des zèbres broutent par centaines, en paisible cohabitation avec les gnous, impalas, antilopes, phacochères, autruches. Le Roi Lion ? J’y suis !!

Fin juin début juillet le Serengeti est le cadre de la grande migration : des milliers de gnous et de zèbres traversent le parc en direction du sud. Donc le meilleur moment pour voir les prédateurs en pleine chasse. Je n’en verrai qu’une petite partie du début par ce qu’on est a fin mai. Dommage !


Le soir pas question de :
Laisser ses chaussures hors de la tente => seront très probablement mangées par les hyènes
D’avoir de la nourriture dans la tente => tente éventrée par n’importe quel animal affamé
D’avoir une envie pressante quand tout le monde dort => tu croiserais plus probablement un gros animal qu’un être humain
De paniquer si on entend des bruits bizarres=> la bête se sentirait agressée et attaquerait, ballot non ??
Laisser sa tente ouverte => serpents et autres petites bêtes adorent s’inviter


Puisque la plupart du temps après 10h30 elle dort ou se tapisse dans l’ombre, nous partons au petit matin surprendre le réveil de la vie animale. Un lion est en chasse de zèbres, mais nous le perdons. Au détour d’un virage, la jeep pile : à 2 mètres a peine deux guépards sont paisiblement couchés en travers de la piste. Ils viennent de dévorer un bébé gnou sur bord de la route, ou les vautours attendent patiemment leur tour.


La nuit n’est que murmures, cris, grattements… autour de nos tentes, dans des campings sans barrières autour, se promènent des hyènes, des buffles, et dans le lointain on entend les éléphants barrir, les lions s’appeler. Ma coloc de tente qui flippe toute seule la première nuit & me réveille la seconde. Normalement il n’y a pas d’ours dans le coin, mais me réveiller a 3h pour me dire qu’un buffle broute a cote de ma tente peut changer la donne.


Notre petite équipe fonctionne plutôt pas mal, les guides sont cools et hyper gentils, même si la bouffe est plutôt pas bonne.


Le premier jour du Serengeti Saliman emboite la piste à d’autres jeeps dans le bush (formellement interdit) pour suivre un lion. Qui nous mènera à une douzaine de lionnes siestant a l’ombre des herbes hautes. C’est incroyable, on à beau scruter les étendues a longueur de temps, sans rien voir de vie. On a l’impression d’être les seuls et que descendre de la jeep pour marcher serait génial ! Mais les herbes cachent les gros chats à 3 mètres, alors la règle d’or est « a l’abri derrière le carénage » et surtout j’aimerais bien ne pas crever de roue.






Les girafes au long cou broutent élégamment les branches hautes, posent pour les photos, tandis que les autruches nous regardent passer indifférentes ou courant d’une façon toute personnelle : leur tête va d’avant en arrière comme les poules mais avec leur cou de presque 1 mètre de haut l’image est trop drôle. Les éléphants promènent leurs familles au travers des plaines, quand ils ne se battent pas, les lions n’interrompent leur sieste que pour changer de branche, le léopard t’ignore, et les guépards marchent crânement aux côtés de la voiture. Facon « viens me chercher si tu l’oses »


Pendant ce temps, les zèbres montent la garde deux par deux en se câlinant, les hyènes confirment leur mauvaise réputation de vraiment toute vilaines a l’air abruti et les gracieux antilopes et impalas scrutent nerveusement les environs entre deux bouchées pour détaler tels des fusées au moindre bruit. Le buffle, bonhomme et sur de lui nous regarde presque sans nous voir, laissant les oiseaux sur son dos picorer les saletés, comme d’autres dans les dents des crocodiles.


Les phacochères eux s’amusent: peu importe le temps passé, ils montrent leurs têtes cornement moustachues jusqu'à ce que tu sortes ton appareil photo. Après ca c’est de derrière ou complètement cachés dans le bush…


 Au cratère, notre tente est plantée au milieu des zèbres qui broutent, et un éléphant vient tranquille mimile siroter l’eau du réservoir du camping. On comprend rapidement pourquoi cuisines et réfectoires sont grillagés !




Soupir satisfait, de retour sur ma terrasse d’Arusha. Aabbbbbsolument fabuleux, devrait être remboursé par la Sécu cette histoire de safari !!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire